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Medias et jeunes cerveaux : l’étude de référence de l’ A.A.P.

 

Les recommandations américaines pour les plus petits : le texte rien que le texte

par CoSE par 12 mai 2018

Pas une étude sur les écrans sans une référence à ce travail de l’académie américaine de pédiatrie publié en Octobre 2016.C’est de cette référence que sont issues les principales recommandations dans tous les pays du monde sur le temps d’écran ou les limites d’âge…

Texte Original

AAP media & young minds oct 2016

Traduction française disponible dans quelques jours

 

LES ADDICTIONS CHEZ LES JEUNES (14-24 ans)

La Fondation pour l’innovation politique, think tank libéral, progressiste et européen,
la Fondation Gabriel Péri, affiliée au courant de pensée du Parti communiste français, et
le Fonds Actions Addictions, dont l’expertise éclaire le débat public en matière d’addictions, ont décidé de s’associer pour concevoir et réaliser une vaste enquête d’opinion sur un phénomène particulièrement préoccupant : les addictions chez les jeunes.
En complément, une étude significative sur l’addiction à la télévision ( LʼAddiction à la télévision – Kubey, Csikszentmihalyi – Scientific American) parue  en 2003.

Pour accéder aux 2 documents , ouvrez les pdf ci-dessous

1 /Enquête administrée par l’institut Ipsos Parution : Juin 2018

Ipsos_Jeunes-familles_et_addictions_ANALYSES_2018_05_30_web

2 /LʼAddiction à la télévision – Kubey, Csikszentmihalyi – Scientific American, 2003

(traduction Sabine Duflo)

Addiction_à_la_télévision_-_PDF

La manipulation des foules: de Bernays aux écrans

Edward Bernays

Qui connaît Edward Bernays ? Ce « double neveu » de Freud (via père et mère) fut le grand gourou de la communication en Amérique, dès les années 1920, théorisant en 1928 le principe de « la fabrique du consentement » des masses, dans son livre Propaganda. Son oncle Sigmund, qui le suivait de loin, depuis l’Autriche-Hongrie, l’apostrophait ainsi dans leur correspondance : « Et toi, tu es un démocrate peut-être ? » Et l’intéressé lui répondait : « Oui, je dirige les gens, mais dans le bon sens »…
Un siècle après,  les pratiques de l’homme qui a inventé la « fabrique du consentement » prennent une nouvelle dimension avec la domination des écrans numériques.
Pour en savoir plus sur Bernays, vous pouvez regarder ce fascinant docu d’Arte qui lui est consacré.

Edward Bernays

est né en 1891 à Vienne et il est mort en 1995 à Boston. 103 années d’une vie fructueuse. Une vie consacrée à l’une des tâches majeures de notre siècle : celle qui consista à pervertir les democraties pour faire plier les volontés des masses aux desseins des élites, en toute non-violence. Edward Bernays était le neveu de sigmund Freud et il a su exploiter les avancées apportées par son oncle, ainsi que le rayonnement scientifique de ce dernier dans le domaine de la connaissance de l’irrationnalité, à des fins économiques idéologiques et politiques.

Sa discrétion dans notre paysage culturel actuel est inversement proportionnelle à l’ampleur de sa tâche. Même dans les agences de pub ou dans les services de relations publiques, son nom est presque inconnu, tout du moins en France. Il faut dire qu’il était un fervent partisan d’une « gouvernance de l’ombre » et ses écrits ne tarissent pas sur ce sujet. « créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé » fut un de ses leitmotiv. « Fabriquer du consentement », « cristalliser les opinions publiques » furent les titres de 2 de ses oeuvres écrites (une quinzaine en tout). « Dompter cette grande bête hagarde qui s’appelle le peuple ; qui ne veut ni ne peut se mêler des affaires publiques et à laquelle il faut fournir une illusion » en furent d’autres.

Ayant étudié la science de son tonton (la psychanalyse), et ayant été en contact régulier avec ce dernier, puis avec sa fille, Bernays va, par la mise en pratique de tels enseignements, passer maître dans l’art de manipuler l’opinion dans un environnement démocratique et « libre », que ce soit à des fins politiques ou publicitaires. Bernays est considéré à ce jour comme l’un des pères de l’industrie des relations publiques et comme le père de ce que les Américains nomment le « spin », c’est-à-dire la manipulation – des nouvelles, des médias, de l’opinion – ainsi que la pratique systématique et à large échelle de l’interprétation et de la présentation partisane des faits. Bernays va faire fumer les femmes américaines, Bernays va démultiplier les ventes de pianos ou de savons, Bernays va contribuer à faire basculer l’opinion publique américaine vers la guerre en 1917, et bien d’autres choses encore que je vais vous conter dans cet article.
Le titre de son livre le plus célèbre ? « Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie ». Tout un programme. Toute une idéeologie qui va d’abord être accueillie avec scepticisme par les oligarques et les politiques, puis utilisée à tort et à travers, dès les premiers succès, et ce jusqu’à notre époque contemporaine qui en fait l’apologie.
À l’heure ou les débats pro et anti « conspiration » font rage sur les événements majeurs de notre période contemporaine, une petite mise au point historique sur la naissance et l’évolution de ce que nous appelons en France les « relations publiques » ou encore la « com » s’impose.

LA PUCE À L’OREILLE


Au début du siècle, étudiant en agriculture, fils d’un marchand de grains très prospère, Bernays s’ennuie et décide de se lancer dans le journalisme. Il rencontre à New York un ami qui a hérité de 2 revues scientifiques et qui a des difficultés dans ses prises de décisions quant à l’orientation de ces revues.
Au même moment, en ville, une pièce de théâtre dont le sujet est très tabou est en train de se mettre sur pied. Cette pièce décrit l’histoire d’un homme qui a la syphilis et qui le cache à sa future femme. Ils ont un enfant qui naît malade. Bref, une sujet très délicat pour l’époque.
Bernays teste alors une méthode qui sera le fondement de sa méthodologie : il met sur pied un comité pour la propagation d’idée en médecine, chapeauté par l’une de ces revues. Ce comité, à droits d’entrée payants, et dont les membres sont d’éminents médecins et professeurs en médecine, parraine la pièce de théâtre en question. Et c’est le succès pour la pièce… tout en donnant un coup de boost à l’une des revues de l’ami de Bernays.
Edward a 21 ans… Il transforme un scandale potentiel en succès et il vient de trouver sa voie : une nouvelle manière de faire la promotion de produits ou d’idées.
Technique classique me direz-vous… oui, en effet, c’est une technique classique aujourd’hui. Mais à l’époque, c’est révolutionnaire.
Car, à l’époque ce genre de technique de communication qui procède de biais est totalement inconnue.
En effet, au début du siècle, les messages publicitaires sont simples : il s’agit de vanter un produit en le décrivant, tout simplement, pour ce qu’il est.
Bernays procède par biais, il utilise des figures d’autorité et, via elles, rend le produit intéressant voir incontournable.

LA PREMIERE EXPERIENCE D’ENVERGURE : LA COMMISSION CREEL


Mais n’allons pas trop vite… nous sommes en 1917, et Bernays fort de cette première éxpérience est à mi-chemin entre le journalisme, l’impresario, le conseiller en communication (bien que cette dernière appellation n’existe pas encore)…
tout va se précipiter avec la constitution de l’« U.S. Committee on Public Information », plus communément appellé la « commission Creel » à laquelle notre ami Edward Bernays va contribuer de manière très active. Qu’est-ce que cette commission ? Une image suffit pour la rappeler à votre mémoire : « I want you for us army ». Vous vous rappelez ? l’oncle Sam qui pointe un doigt accusateur.
Car, en 1917, la population américaine est largement pacifique et n’a aucunement l’intention d’entrer en guerre, alors que le gouvernement est fermement décidé à s’engager dans le conflit, pour des raisons industrielles. Pour la première fois dans l’histoire, une commission va être créée par un gouvernement pour changer une opinion publique. Et c’est précisément au sein de cette commission que Bernays va gagner ses premiers galons aux yeux des grands décideurs. La commission Creel va mobiliser un grand nombre d’intellectuels, de journalistes, de penseurs qui vont tenter un coup d’éclat. Ils vont mettre en place tout un ensemble d’outils et de méthodes destinés à gérer les foules et finalement à faire basculer rapidement l’opinion. Et ils vont réussir avec panache. Les bases de la propagande moderne vont être jetées.
De nombreux concepts aujourd’hui connus et banalisés seront testés : distribution massive de communiqués, appel à l’émotion dans des campagnes ciblées de publicité, recours au cinéma, recrutement ciblé de leaders d’opinion locaux, mise sur pied de groupes bidon (par exemple des groupes de citoyens) et ainsi de suite.
Walter Lippmann, un de ses membres influents, souvent donné comme le journaliste américain le plus écouté au monde après 1930, a décrit le travail de cette Commission comme étant « une révolution dans la pratique de la démocratie », où une « minorité intelligente », chargée du domaine politique, est responsable de « fabriquer le consentement » du peuple, lorsque la minorité des « hommes responsables » ne l’avaient pas d’office.
Cette « formation d’une opinion publique saine » servirait à se protéger « du piétinement et des hurlements du troupeau dérouté » (autrement dit : le peuple), cet « intrus ignorant qui se mêle de tout », dont le rôle est d’être un « spectateur » et non un « participant ». Car, en effet, l’idée qui a présidé à la naissance de l’industrie des relations publiques était explicite : l’opinion publique devait être « scientifiquement » fabriquée et contrôlée à partir d’en haut, de manière à assurer le contrôle de la dangereuse populace.
Petite appartée : le trollage payé et certaines formes de marketing viral sur internet ne sont que l’application moderne du « standing man » technique qui consistait à utiliser une personne reconnue dans une communauté pour se lever soudainement lors d’un événement local et scander une opinion afin de détourner un débat calme et rationnel et de transformer une ambiance de dialogue serein en discussion émotionnelle. Car l’émotion est le premier pas vers l’irrationnel, qui est la porte entrouverte vers l’inconscient, ce domaine que nos publicitaires exploitent au maximum.
Bref, lors de la commission Creel, Bernays a brillé dans ces milieux qui ébauchaient les techniques de propagande moderne en imposant les travaux de son oncle, et de personnes comme Gustav Lebon notamment en expliquant que la psychologie de foule est différente de la psychologie individuelle.
La masse des gens ne peut penser rationnellement, et c’est donc à la minorité intelligente de façonner le destin de cette masse… Ce constat mis noir sur blanc de façon scientifique par Freud, et qui est en adéquation parfaite avec les courants de pensée qui sévissent dans les éltes de l’époque, va permettre à Bernays, en tirant les leçons de la commission Creel, d’inventer littéralement le « public relation ».

L’ŒUVRE DE BERNAYS : L’INSTITUTIONNALISATION DES RELATIONS PUBLIQUES

Pourquoi les relations publiques ?
Après la Première Guerre mondiale, la machine industrielle dont les capacités ont été démultipliées doit trouver des marchés afin de continuer à fonctionner (ce sera le même problème après la Seconde Guerre mondiale). Il faut donc créer des besoins car à l’époque le citoyen occidental de base consomme en fonction de besoins vitaux, et n’accorde que des exceptions à la frivolité. Il faut donc exacerber le désir de consommer et rendre les frivolité obligatoires, incontournables et intimement liées aux gains de liberté apportés par les progrès sociaux…
Par ailleurs,les entreprises au début du XXe siecle aux États-Unis font face à une situation difficilement gérable (grèves, conflit sociaux…) elles oscillent entre répressions dures et punitions par tribunaux interposés, elles font appel à des juristes, à des journalistes sans grand succès, et la fuidité de son fonctionnement est fortement compromise. Grace au succès de la commission Creel, quand Bernays monte son bureau et propose ses services, il est pris au sérieux par les entreprises privées et surtout les trusts.
Dans une époque ou les lois antitrust sont contournées et ou ce que les citoyens américains appellent alors les « barons voleurs » accumulent des fortunes colossales, la démocratie qui porte en blason la liberté individuelle et la liberté d’expression se doit d’apparaître en façade car elle est l’un des fondements de la motivation du travailleur, en Occident.
Bernays crée donc son bureau des relations publiques et invente le métier de conseiller en relations publiques
l’un de ses premiers clients fut l’« american tobacco corporation ».

Entre les guerres Berneys va littéralement inventer des concepts
– le petit déjeuner américain « eggs and bacon » en mettant sur pied un comité de médecins qui vont prôner les valeurs d’un fort apport calorique au lever. Car il faut le savoir, au début du siècle, les Américains sont plutôt adeptes d’un petit déjeuner frugal, ce qui ne colle pas avec l’industrie du porc qui croît plus vite que la demande… Or, le comité de médecin ne va pas seulement prôner un apport calorique important… il va bien spécifier « bacon ».
– Il va persuader les Américains d’acheter des pianos. Encore une fois, il biaise en infiltrant les milieux d’architectes qui vont influencer leurs clients dans l’adjonction d’une salle de musique dans les maison.
Et que faire quand il y a une pièce dédiée à la musique dans une maison ? La remplir. Et quel est l’objet qui va le mieux la remplir tout en donnant du cachet ? Un piano. Encore un succès.
– Il fera de même pour les maisons d’éditions en « forçant » l’insertion des bibliothèques incrustées aux murs des maisons.
– Le petit déjeuner du président des États-Unis avec des vedettes du show-biz afin de transformer l’image austère et distante de ce dernier, et ça existe encore aujourd’hui.

Il va par la suite affiner ses méthodes et commencer à se lancer dans des opérations de très grande envergure.

Voici 4 missions « Bernaysiennes » qui, j’en suis sûr, vont vous laisser pantois.

LE FÉMINISME UTILISÉ À DES FINS MARKETING


Dans les années 20, Bernays est employé à l’année par l’American tobacco en échange de ne pas travailler pour la concurrence, suite à une première expérience couronnée de succès.
Il faut dire qu’à cette époque le marché de la cigarette stagne, suite à une progression fulgurante durant la Première guerre mondiale et dans les premières années d’après-guerre. En vendant des milliards de cigarettes à l’armée américaine qui les intégrait au paquetage du soldat, les compagnies de tabac avait franchi une étape décisive, en transformant l’image de la cigarette qui avant la guerre était dénigrée au profit du cigare ou de la chique jugés plus « virils ». Au début des année 20, donc, la cigarette est passée de « tabac pour mauviettes » à « symbole de l’Amérique fraternelle et virile ».
Maintenant les cigaretiers veulent que les femmes fument. Ils confient donc la mission à Bernays.
Ce dernier analyse la situation, soumet ses observations à un psychiatre de New York qui confirme ses soupçons : la cigarette constitue pour les femmes un symbole phallique qui représente le pouvoir de l’homme. Pour faire fumer les femmes il faut d’abord leur faire conquérir de manière symbolique des positions occupées par la gent masculine. Bernays vient de trouver ses leaders d’opinion et il orchestre un des grands coups de marketing de l’histoire en détournant une marche catholique (la procession de Pâques) pour en faire un événement politique au profit des suffragettes. Une dizaine de jeunes premières, invitées par lui et soigneusement instruites du plan de bataille, se présentent au-devant de la procession, exhibent leurs cigarettes, et s’allument devant les photographes des journaux. Bernays lance le slogan aux journalistes présents : « elles allument des flambeaux pour la liberté ».
Du véritable petit lait, et d’ailleurs je ne résiste pas à un petit copier-coller d’un commentaire sur cet événement que j’ai lu sur un blog : « ça coule de source. Les journaux accordent la première page à la nouvelle. Les conservateurs vendent de la copie grâce à l’aspect scandaleux. Les progressistes sont charmés. Les féministes exultent, jubilent de l’ampleur du phénomène médiatique. Toute la société états-unienne est flattée sur la muqueuse par l’imparable évocation de la sacro-sainte liberté. La femme éprise d’émancipation devra simplement fumer. Fumer c’est voter ! Tout le monde profite des photos sexy de ces jolies jeunes femmes. Tous y gagnent ! C’est fantastique. Bernays avait compris que la femme de l’après-guerre avait bossé dans les usines pendant que les hommes étaient au front et il lui offrait un symbole phallique digne de l’ampleur de ses revendications, la clope. » Tout est dit.
Et Bernays d’enchaîner dans les années qui suivent en recrutant et créant des associations et autres collectifs médicaux et en faisant dire aux experts que la santé de la femme, c’est la minceur… et que le meilleur moyen d’y parvenir, c’est la clope.
Des publicités dans les journaux et les magazines, présentées par des regroupements de docteurs, de médecins de famille, de dentistes et d’instituts plus ou moins bidons (tous fondés par Bernays avec des fonds de American Tobacco) proposent ensuite carrément à la femme de tendre la main vers une cigarette plutôt que vers un bonbon, ce qui est tellement meilleur pour la santé. La campagne connaît un tel succès que les grands confiseurs et les producteurs de sucre attaquent American Tobacco en justice et réclament des dommages et intérêts. C’est un triomphe, la femme est maigre, elle est libre, elle respire la santé !

L’EXPLOSION DE L’AUTOMOBILE


Bernays va jouer un rôle lors de l’exposition mondiale de New York de 1939, dominée par General Motors qui comptait parmi ses clients de l’époque. General Motors y présente sa vision de l’Amérique du futur, avec son pavillon très couru, le Futurama, dans lequel on peut voir les dessins et maquettes de ce qui deviendra l’Étendue, la Suburbia, un monde futuriste guidé par la puissance de la corporation.
Il faut dire que les cartels banquiers, qui avaient fait main basse via des procédures d’expropriation sur d’immenses terres du Midle West durant la récession qui suivit le krach de 1929, devaient bien décider de ce qu’elles allaient en faire.
Le plan pour le développement de ces étendues arrivait à maturité, et les maquettes criantes de réalité présentant le monde des années 60, restent à ce jour un incroyable témoignage des capacités de projections des décideurs de l’époque. Certaines personnes croient que ce modèle de civilisation est le fruit du hasard, ou encore un avènement naturel inhérent à l’expansion économique. Pourtant force est de constater qu’au contraire ce modèle est le fruit d’une planification dont la rapidité d’exécution a été planifiée, ce qui est tout de meme curieux quand on sait que seule la machine industrielle boostée par le conflit mondial a pu mettre en œuvre cet agenda et que cette exposition a eu lieu de 1929 à 1941.
Mais pour en revenir à notre homme, en 1949 il travaille toujours pour General Motors, dont on sait bien qu’elle est le fruit du démantellement sur le papier de la tentaculaire standart oil, et un nouveau client vient garnir son carnet : il s’agit de la compagnie Mack trucks. Leur problème : ils ne peuvent pas vendre plus de camions. Ils ont saturé le marché. Bernays réalise que la concurrence ne vient pas des autres fabricants, mais bien du chemin de fer. Il parvient à imposer à son client une idée totalement folle, s’attaquer aux trains en faisant une promotion rageuse de l’autoroute. Une fortune colossale dont les contributeurs seront multiples sera engloutie dans le projet, car désormais, notre ami Edward a un carnet d’adresses bien rempli, et il a la confiance de plusieurs partenaires d’envergure. On forme des comités de citoyens bidons, de faux experts écrivent de vrais articles qui paraissent un peu partout, la pression populaire pèse sur des autorités déjà corrompues par des contributions non négligeables, c’est un véritable raz-de-marée qui prend d’assaut la campagne américaine ! Vous aurez compris que je n’ai pas cité par hasard la standart oil… euh pardon, je veux dire sa version démantelée par les lois anti-trust, à savoir entre autres BP, Exxon Mobil, Chevron et une trentaine d’autres entités.
De même, le fameux futurama de l’expo de New York d’« avant guerre » comme vous pourrez le constater sur ces vidéos se faisait l’apôtre d’une agriculture fortement industrialisée avec gros apport d’engrais (industrie chimique). De ce côté, on peut dire que la boucle a été bouclée et que les affaires ont prospéré.

RÉPUBLIQUE BANANIERES


La fameuse « république bananière »… expression que nous utilisons tous, revenue très à la mode vu l’air du temps… Mais au fait d’où vient cette expression ?
Edwaaard ? c’est encore toi ? non ? Si. Et c’est le Guatemala au début des années 50 qui va faire les frais de la méthode Bernays,et qui va imprimer dans nos consciences, l’expression « république bananière ».
Cette fois le client de notre brave homme est la united fruit une multinationale qui, comme sont nom l’indique, fait dans les fruits et ses dérivés. Une multinationale bien connue en Amériqe centrale et en Amérique du Sud. Multinationale qui porte parmi ses principaux actionnaires les frères Dulles (je laisse ici un vide que les lecteurs d’agoravox sauront remplir concernant les frères Dulles qui mériteraient un article à eux tout seuls). Ces frères Dulles que Bernays a rencontrés durant la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle il travaillait pour le gouvernement américain, période opaque de sa carrière.
En 1951 donc, au Guatemala après une élection libre, Jacobo Arbenz Guzmán est élu et il entame un processus de saisi de terres que la United Fruits n’utilisait pas (en fait apparemment il ne les saisit pas vraiment : il oblige la United Fruits de vendre les terres non utilisées). Bref, coup dur pour cette noble entreprise américaine habituée à faire ce qu’elle veut en Amérique du Sud, et qui prévoyait un vaste plan de monoculture de bananes dans cette région.
Bernays est alors engagé pour mener une campagne de relations publiques destinée à discréditer le pouvoir nouvellement et démocratiquement mis en place.
En quelques semaines, ce gouvernement socialiste qui n’a même pas de contact avec Moscou va être dépeint comme un dangereux groupuscule de communistes à la solde du bloc russe, destiné à mettre en place un poste avancé proche des frontières américaines. Cette campagne sera longue et active.
Ce détournement d’informations va permettre de justifier une opération de la CIA sous la forme, entre autres d’un bombardement de la capitale. Une junte militaire (Castillo Armas), aussitôt reconnue par les États-Unis, prendra le pouvoir, entraînant la naissance de mouvements de guérilla. Le poète Pablo Neruda dénoncera les « republicas bananas », républiques d’Amérique centrale soumises aux compagnies américaines, et créera ainsi une expression toujours et plus que jamais d’actualité.
Et on dit merci qui ces messieurs de la united fruits ? Merci Edwaaaaaard..

LE FLUOR… c’est bon pour les dents…. mmmmmouais.

Le mythe des bienfaits du fluorure pour la dentition est né aux États-Unis en 1939. Pourquoi ? La Compagnie d’aluminium ALCOA, qui faisait l’objet de poursuites pour déversement toxique de… fluorure, commanda, sur les conseils de qui vous savez, à des scientifiques dépéchés par qui vous savez, une étude faisant l’éloge de ce déchet industriel dérivé de la production de l’aluminium, des fabriques de munitions (et plus tard des centrales nucléaires). L’étude allait jusqu’à proposer qu’on ajoute la substance à l’eau des villes. En 1947, ALCOA, réussit à placer un de ses propres avocats à la tête de l’Agence fédérale de sécurité, ce qui lui donnait ainsi le contrôle des Services de santé publique. Sous la gouverne de celui-ci, 87 villes américaines établirent un programme de fluoridation de l’eau, c’est-à-dire que les fonds publics servaient (et servent encore) à ACHETER un déchet toxique dont l’élimination était très coûteuse et à l’inclure dans l’eau potable consommée par la population.
Combien de municipalité encore aujourd’hui pratiquent encore cette méthode de fluoration de l’eau, y compris en France ? Je n’ose faire des recherches tellement je crains les résultats.
Une fois encore merci qui ?

LA DOCTRINE, sa justification, et ses contradictions majeures :


Bernays, tout au long de sa vie, va user d’une doctrine froide et assez cynique doublée d’une justification idéologique basée sur le long terme, afin de justifier ses agissements.
Il considère sa tâche comme un effort à long terme destiné à l’avènement doucement forcé (mais à peine, hein ?) d’une démocratie basée sur l’économie et le commerce dirigé par une élite.
Il pose assez honnêtement et naïvement d’ailleurs, comme postulat, le fait que la masse est incapable de parvenir à un état de paix collective et de bonheur par elle-même, et que donc cette masse a besoin d’une élite qui la contrôle et qui la dirige à son insu en ce qui concerne les décisions importantes.
Pour lui le bon sens commun n’existe pas, et s’il existe, il ne peut porter l’appellation « bon sens » car il induit un mode de consommation trop lent pour les capacités industrielles et leur besoin de croissance… Il doit donc être refondu par des élites.
Pour lui, la foule n’a pas besoin d’esprit car elle est avant tout gouvernée par sa moelle épinière irrationnelle, et il ne sert à rien d’élever les foules, puisqu’elles sont plus facilement contrôlables en jouant sur cette irrationnalité.
Pourtant, fait curieux, Bernays se réclamait d’une certaine éthique. Il faut savoir que cet homme a aussi joué un rôle fondamental dans le congrès pour l’intégration des hommes de couleurs… un événement (tout de meme assez isolé au milieu des autres cyniques campagnes dont il a été le chef d’orchestre) dont il se servira pour justifier sa position de mercenaire au services de nombreuses causes qui, mises ensemble, constituent notre monde moderne « libre » à l’occidental.
Car Bernays s’efforce dans ses mémoires de justifier son œuvre. Il n’a jamais été membre de l’« association des relations publiques américaines » car il jugeait ses membres sans éthique et il s’offusqua à la nouvelle que Goebbels possédait toutes ses œuvres et se serait largement inspiré de son travail pour ériger la propagande qui mena les nazis au pouvoir dans l’Allemagne des années 30.
En effet, Bernays voulait que ses méthodes soient présentées en toute « honnêteté » afin d’ouvrir une route à 2 voies à la communication publique : une voie de contrôle et une voix de réaction du peuple à ce contrôle. C’est tout du moins ce qu’il essaie de faire passer lors d’interviews ou dans ces écrits, dans de rares moments. Hélas ces quelques moments d’ouverture sont assez rapidement recouverts par le volume d’écrits et d’actes professionnels qui vont à l’encontre de ce pseudo-principe d’interactivité.
Bernays fut un véritable champion en matière de double langage et il eut enormément de mal à se confronter à ses contradictions, totalement obnubilé par la vision malsaine de la condition humaine induite par son oncle.
On est a mille lieux de ce que Kant par exemple réclamait en disait qu’il faut un espace public de libre discussion où les gens puissent débattre et échanger des idées, se placer du point de vue de la raison et de l’universel, justifier devant les autres les conclusions et affirmations auxquelles ils parviennent et rendre disponible les faits qui nourrissent une conclusion.
Pourquoi ? parce qu’on est dans l’idée d’une minorité intelligente au service de ceux qui ont les moyens de s’adresser à elle pour obtenir de la foule un consentement à des conclusions determinées à l’avance. Tous les comités, agences de relations publiques et campagnes instiguées par Bernays offriront une illusion de débat, où tous les outils nécessaires à la perversion de ce débat sont prêts à intervenir à tout moment.
Le coup fomenté au Guatemala et justifié par la campagne médiatique qu’il avait orchestré aurait dû lui faire ouvrir les yeux…
Pourtant, avec le recul, il faut constater qu’il ne le fit pas et que ces justifications teintées de naïveté ne tiennent pas une analyse approfondie, surtout vu le caractère opaque de ses missions durant la Seconde Guerre mondiale, et ses liens avec des sbires tels que les frères Dulles.

La « machine » Bernays s’est emballée dès ses débuts et ne cessera jamais ses méfaits au profit de la croissance économique non pas au service de peuples, mais bien dans son asservissement à la consommation.
La deuxième voie proposée par Bernays, celle de l’inter-réaction des hommes fut étouffée par le volume des campagnes de spins.
Bernays va tellement piocher dans les théories de son oncle qu’il va finalement croire lui-même que l’homme n’est dirigé que par des forces irrationnelles.
Il va mettre en pratique des méthodes qui vont à l’encontre même de ce que le siècle des Lumières avait exigé pour sublimer le bon sens humain.
L’humanité moderne va tellement être martelée par ce cynisme qu’elle va en devenir cynique elle-même et épouser l’idée selon laquelle l’homme est un être tiraillé par sa bassesse et piloté par ses instincts les plus enfouis.

Dès le début du siècle, il est évident que la synergie entre les médias de masse et les progrès de la psychologie scientifique vont assurer un pouvoir irrésistible aux minorités « éclairées ». Bernays fut l’un des architectes majeurs de cette synergie qui sévira dans les démocraties comme dans les systèmes totalitaires et qui, n’ayons pas peur des mots, sévit encore plus que jamais, n’en déplaise à ceux qui ironisent sur les « théoristes de la conspiration » alors même qu’en France nous évoluons dans une inculture totale en ce qui concerne les relations publiques, les spins doctors et les think tanks, contrairement aux pays anglo-saxons.
Sur ce, je vous laisse avec une citation de notre homme, à titre de fin d’article et d’ouverture de débat.

« Notre démocratie ayant pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider. »

Syndrome de l’Exposition aux Ecrans: un trouble non reconnu?

Victoria L. Dunckley M.D.

Electronic Screen Syndrome: An Unrecognized Disorder?

By Victoria Dunckley, M.D.

Article en anglais:
« En France, grâce à l’information répétée et diffusée par les membres de CoSE, les dangers de l’exposition précoce et prolongée aux écrans commencent à être connus et reconnus. Tous les champs du développement sont atteints: sommeil, communication, langage, attention, motricité fine.. Aux États Unis une pédopsychiatre, Victoria Dunckley, alerte depuis quelques années déjà sur ces troubles qui d’après son expérience, touchent davantage les garçons que les filles. Par ailleurs, elle a constaté que l’exposition répétée aux écrans   majore les troubles observés dans certaines pathologies en constante augmentation: les TDAH et les TSA. En réalité,  c’est une série de troubles en cascade qui s’observent de façon répétée chez les enfants victimes de l’exposition quotidienne aux écrans. V. Dunckley propose de regrouper ces symptômes sous le terme de ESS (Electronic Screen Syndrom ). Nous vous recommandons vivement de lire son livre très didactique et illustré de cas cliniques  parlants: Reset your child’s brain.  Et pour vous donner envie, nous proposons la traduction d’un article qu’elle a publié il y a quelques années dans le magasine Psychologie Today »

Plans autisme en France

Les plans autisme en France sont des programmes comportant un ensemble de mesures définies et financées par le gouvernement français pour améliorer l’accompagnement des personnes autistes et de leur famille. Depuis 2005, ces plans sont au nombre de quatre. Leur champ d’application est au niveau national. Le premier plan autisme a été mis en application de 2005 à 2007, le second de 2008 à 2010, le troisième de 2013 à 2017, le quatrième sera appliqué de 2018 à 2022. Ces plans ont permis la création d’un Centre Ressources Autisme par région française.

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Nette augmentation de la prévalence de l’autisme aux États-Unis

Fabienne Rigal

| 27.04.201

Etats-Unis : l’augmentation de l’autisme devient un problème de santé publique « urgent »

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Publié le 27 avril 2018

https://www.nouvelobs.com/monde/20180427.OBS5846/etats-unis-l-augmentation-de-l-autisme-devient-un-probleme-de-sante-publique-urgent.html

Le temps d’écran et les jeunes enfants : promouvoir la santé et le développement dans un monde numérique

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Paediatr Child Health 2017;22(8):469–477

Résumé

Le paysage numérique évolue plus rapidement que les recherches traitant des effets des médias sur écran sur le développement, l’apprentissage et la vie familiale des jeunes enfants. Le présent document de principes porte sur les bienfaits et les risques potentiels de ces médias chez les enfants de moins de cinq ans. Il s’attarde sur la santé développementale, psychosociale et physique. Les conseils fondés sur des données probantes en vue d’optimiser et de soutenir les pratiques des jeunes enfants à l’égard des médias reposent sur quatre principes : limiter le temps d’écran, en atténuer les effets négatifs, être attentif à l’utilisation des écrans et donner l’exemple d’habitudes positives. Les connaissances sur l’apprentissage et le développement des jeunes enfants éclairent les dispensateurs de soins quant aux stratégies en matière de pratiques exemplaires.

Mots-clés : Development; Digital media; Health; Infant; Preschool child; Screen time

HISTORIQUE ET MÉTHODOLOGIE

L’exposition aux médias numériques est en hausse dans la vie familiale des Canadiens, de même que les inquiétudes quant aux effets du temps d’écran sur les enfants et les familles. Le présent document de principes aborde les bienfaits et les risques potentiels de l’exposition aux écrans et de leur utilisation chez les enfants de moins de cinq ans. Il fournit également des conseils fondés sur des données probantes aux professionnels de la santé afin qu’ils aident les familles. Le « temps d’écran » désigne le temps passé devant des écrans, y compris ceux des téléphones intelligents, des tablettes, des télévisions, des jeux vidéo, des ordinateurs et de la technologie portable. À; moins d’une indication plus précise, les « médias numériques » dési gnent le contenu transmis dans un appareil par Internet ou par réseau informatique.

Un sondage réalisé en 2016 par la Société canadienne de pédiatrie (SCP) auprès de ses membres a révélé que les parents demandent des conseils sur le temps d’écran de leur enfant dans quatre grands domaines : la durée (quand est-ce trop?), l’éta blissement de limites, les effets sur la santé et le bien-être et le contenu optimal. Une analyse bibliographique [1] sur les effets des médias sur écran chez les enfants de moins de cinq ans a permis d’extraire des analy ses systématiques, des lignes directrices et des politiques sur l’exposition aux médias sur écran et leur utilisation. Les bienfaits et les risques potentiels sont classés selon la santé développementale, psychosociale et physique. Les recommandations reposent sur les données probantes et le consensus d’experts. Le temps d’écran chez les enfants plus âgés, les adole scents et les enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux, de même que les inquiétudes sur la santé environnementale, dépassent la portée du présent document de principes.

POURQUOI SE CONCENTRER SUR CE GROUPE D’ÂGE?

Les recherches font foi d’importantes différences entre les enfants d’âge préscolaire et les enfants plus âgés sur le plan du développement, et selon les données sur la télévision, les premières expériences de l’enfant à l’égard des écrans peuvent être déterminantes [2][4].

  • Elles peuvent créer une dépendance, et une surexposition pendant la petite enfance accroît la probabilité de surutilisation plus tard [4][5].
  • Les habitudes relatives à la santé, y compris l’utilisation des médias par la famille, se cristallisent plus facilement pendant la petite enfance que plus tard [4].
  • L’utilisation d’écrans tend à augmenter au fil du temps pour inclure des divertissements (plutôt que seulement du contenu éducatif) [6][8].

Certaines tendances importantes transforment la petite enfance :

  • En 2014, Jeunes en forme Canada a constaté que les enfants de trois à cinq ans passent en moyenne deux heures par jour devant un écran [9]. Seulement 15 % des enfants d’âge préscolaire respectent les normes actuelles des Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire, qui recommandent de limiter le temps d’écran à moins d’une heure par jour [10].
  • La télévision continue de dominer le temps total passé devant des écrans et son visionnement semble augmenter dans ce groupe d’âge [11]. De nombreux enfants d’âge préscolaire cumulent le temps d’écran à la maison et en milieu de garde [5][12], à partir de divers appareils numériques faciles à transporter.
  • Aux États-Unis, le taux d’utilisation des médias mobiles est passé de 39 % à 80 % entre 2011 et 2013 chez les enfants de deux à quatre ans [12][15]. Une récente étude menée au Royaume-Uni a établi qu’environ 51 % des nourrissons de six à 11 mois utilisent quotidiennement un écran tactile [16].
  • Une étude états-unienne qui remonte à 2012 a démontré qu’un enfant « ordinaire » de huit mois à huit ans est exposé à près de quatre heures de télévision en arrière-plan pendant une journée normale [17].

LES EFFETS DES MÉDIAS SUR ÉCRAN SUR LE DÉVELOPPEMENT

On ne sait pas si l’exposition précoce aux médias sur écran modifie le cerveau en développement. Par ailleurs,les recherches publi ées sur le mode d’apprentissage des enfants de moins de cinq ans à partir des écrans et sur la somme des connaissances qu’ils en retirent demeurent limitées [6],[18][21]. Les études révèlent toutefois que même si les bébés n’absorbent pas le contenu des émissions de télévision, celles-ci peuvent attirer et retenir leur attention. Entre l’âge de six et 14 mois, ils peuvent reproduire des actions incarnées à l’écran et, à l’âge de 18 mois, ils peuvent se souvenir de brèves séquences [6].

Peu avant l’âge de trois ans, les enfants commencent à comprendre les contenus [5][22]. Des données concrètes démontrent que les nourrissons et les tout-petits éprouvent de la difficulté à transférer de nouveaux apprentissages d’une représentation bidimensionnelle à un milieu tridimensionnel (c’est-à-dire de l’écran à la réalité) et qu’à cet âge, la télévision est peu susceptible de nourrir leur apprentissage [6][23][25]. En revanche, ils apprennent intensivement lors des échanges directs avec leurs parents et avec les personnes qui s’occupent d’eux. L’apprentissage précoce est plus fluide, plus enrichissant et plus efficace sur le plan du développement lorsqu’il est vécu de manière interactive, en temps réel et dans l’espace, avec des personnes en chair et en os [26][29].

Les bienfaits potentiels pour le développement

À; compter de l’âge d’environ deux ans, des émissions de télévision de qualité bien conçues, adaptées à l’âge et comportant des objectifs éducatifs précis peuvent représenter un moyen supplémentaire de favoriser le langage et l’alphabétisation des enfants [30]. Des émissions de qualité peuvent également encourager des aspects du développement cognitif, y compris des attitudes positives envers les races et le jeu imaginaire [31]. Selon des données préliminaires, les médias interactifs, et particulièrement les applications qui exigent les réactions d’un adulte (des réactions instantanées à ce que l’enfant dit ou fait), peuvent aider les enfants à assimiler l’information enseignée. Ces réactions du parent, lorsqu’elles s’associent à un contenu adapté à l’âge, qu’elles sont instantanées et qu’elles sont liées à l’intensité de l’action, peuvent permettre à un enfant de 24 mois d’apprendre de nouveaux mots [21][22][32]. Selon des données préliminaires, les applications interactives d’apprentissage de la lecture et les livres numériques peuvent favoriser l’alphabétisation précoce en incitant les tout-petits à s’exercer à reconnaître les sons, les phonèmes et les mots [21][33]. Cependant, même si les écrans peuvent contribuer à l’apprentissage linguistique de l’enfant d’âge préscolaire lorsqu’un parent ou une personne qui s’occupe de lui regarde le contenu avec lui et lui en parle [34], celui-ci apprend mieux (sur le plan de l’expression et du vocabulaire) lors d’échanges réels et dynamiques avec des adultes qui se préoccupent de lui [35].

Les risques pour le développement

Les recherches sur l’exposition à la télévision démontrent des associations, même s’il ne s’agit pas d’une relation directe de cause à effet, entre l’exposition soutenue et précoce à des écrans (plus de deux heures par jour chez les nourrissons de moins de 12 mois selon une étude) et d’importants retards de langage [26][36]. Les preuves d’une association entre le temps d’écran et les troubles de l’attention sont mitigées, les effets négatifs étant clairement apparents seulement lors d’une exposition intense (plus de sept heures par jour) [6][37]. Il est toutefois démontré qu’une forte exposition à la télévision en arrière-plan nuit à l’utilisation et à l’acquisition du langage, à l’attention, au développement cognitif et à la fonction exécutive chez les enfants de moins de cinq ans. Elle réduit également la quantité et la qualité des échanges entre les parents et l’enfant et distrait l’enfant de ses jeux [17][22][35][38]. Grâce aux livres numériques, les enfants s’investissent davantage dans la lecture, mais les parents semblent alors réduire les stratégies de lecture. De plus, les effets sonores et les animations des livres numériques peuvent compromettre la compréhension du texte et de la séquence des événements chez les enfants d’âge préscolaire, ce qui n’est pas le cas avec les livres papier [21][39][42].

Certaines études associent l’écoute prolongée de la télévision à des capacités cognitives moins élevées, particulièrement pour ce qui est de la mémoire à court terme, des aptitudes précoces en lecture et en mathématiques et du développement du langage [12][20][43][45]. Un contenu violent ou un déroulement rapide de l’action peut nuire à la fonction exécutive [5][46], et ces effets peuvent être cumulatifs. L’incapacité des jeunes enfants (particulièrement ceux de moins de deux ans) à distinguer la réalité quotidienne de ce qui se produit à l’écran, conjuguée à leurs efforts pour comprendre le sens de ces expériences contradictoi res, peut entraver et contrecarrer la fonction exécutive [6][47].

Qu’est-ce qui apporte un réel changement? Limiter le temps d’écran et en atténuer les effets négatifs

Puisque l’exposition aux médias ne s’associe à aucun bienfait démontré pour les nourrissons et les tout-petits, mais qu’elle est liée à des risques connus sur le plan du développement [20][22][26][48], il faut conseiller aux parents de limiter le temps d’écran des jeunes enfants. Ainsi, ils dégageront du temps pour les échanges directs, qui constituent le meilleur mode d’apprentissage des enfants.

Lorsque les enfants regardent un contenu éducatif adapté à leur âge avec un adulte intéressé, le temps d’écran peut devenir une expérience d’apprentissage positive. Pour atténuer les effets négatifs du temps d’écran, les adultes :

  • en regardent le contenu avec les enfants. Les adultes peuvent établir des liens entre le contenu et la réalité et renforcer les aptitudes linguistiques et cognitives, comme l’attention, la mémoire et la réflexion [6][38][49]. En passant du temps devant un écran avec d’autres, les enfants évitent également les écueils d’une écoute solitaire.
  • choisissent activement les activités des enfants devant l’écran; ils priorisent les applications et les contenus éducatifs, évitent les émissions commerciales ou grand public et s’inspirent d’une classification des médias (p. ex., le Système canadien de classification des vidéos) pour orienter leurs choix.
  • combinent l’utilisation des écrans tactiles avec les jeux créatifs ou actifs [50].

Au Canada, il existe encore un « fossé numérique » entre les ménages qui détiennent un accès Internet et ceux qui n’en ont pas, mais les applications d’apprentissage sur les appareils mobiles peuvent contribuer à le combler [12]. En 2016, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes s’est engagé à intégrer l’accès Internet aux services de base pour tous les Canadiens [11]. Cependant, alors même que le contenu éducatif sur écran devient plus accessible à toutes les familles, un nouveau fossé semble se creuser. Les enfants dont les parents sont en mesure de surveiller et de sélectionner les contenus sur écran peuvent en tirer des bienfaits qui sont moins accessibles aux familles disposant de moins de ressour ces financières ou dont les parents ne peuvent pas s’investir à ce point. Les dispensateurs de soins devraient être sensibilisés à ce fossé, qui peut se refléter dans d’autres échanges entre le parent et son enfant [51].

LES EFFETS PSYCHOSOCIAUX DES MÉDIAS SUR ÉCRAN

Le fait de regarder un contenu de qualité à l’écran avec l’enfant peut avoir d’autres effets non liés à l’apprentissage. Les études révèlent que, lorsqu’ils participent au temps d’écran des enfants et qu’ils fixent des limites à cet égard, les parents peuvent exercer une influence positive sur les aptitudes d’adaptation, les habitudes de sommeil et les comportements de l’enfant [22][52]. Selon les recherches sur la télévision, les facteurs socioéconomiques peuvent influer sur le choix du contenu et les limites imposées à l’utilisation des médias. Par ailleurs, l’écoute de la télévision nuirait à la maturité scolaire, particulièrement lorsque le revenu familial est faible [53]. Cependant, le temps passé devant des écrans demeure stable (par exemple, dans les divers ménages à revenu moyen) [6][7][12]. En fait, la situation socioéconomique semble avoir peu d’effet sur le degré de respect des lignes directrices actuelles au sujet des écrans [54]. Il est important de sensibiliser toutes les familles, quelle que soit leur situation économique, aux meilleurs modes d’apprentissage des enfants et à la nécessité de leur imposer des limites.

Les bienfaits psychosociaux potentiels

Un contenu de qualité peut améliorer les aptitudes sociales et linguistiques de tous les enfants de deux ans et plus, par ticulièrement ceux qui vivent dans la pauvreté ou qui sont autrement défavorisés [26][30]. La télévision éducative rejoint les enfants des ménages à faible revenu presque autant que ceux des ménages à revenu plus élevé, et chez les enfants dont la famille possède un ordinateur portable ou un appareil mobile, les obstacles à l’accès et à l’utilisation d’un contenu éducatif ont pratiquement disparu [12]. Des émissions éducatives bien conçues et adaptées à l’âge peuvent avoir un puissant pouvoir prosocial, car elles aident les enfants à acquérir des attitudes pour contrer la violence et leur apprennent l’empathie, la tolérance et le respect [31][55]. Bien utilisé, le temps d’écran peut calmer un enfant surexcité ou angoissé (p. ex., pendant une intervention médicale) [15][56]. Toutefois, comme l’apprentissage par les écrans peut avoir un effet à la fois positif et négatif sur le comportement, il est essentiel de s’assurer d’un contenu de qualité [57].

La mise sur pied d’un « plan d’action médiatique » familial peut contribuer à protéger et à renforcer le temps familial de qualité [58]. Idéalement, la planification commence avant la naissance, tient compte des besoins de santé, d’éducation et de divertissement de chaque enfant et de chaque membre de la famille, inclut les activités sur écran en milieu de garde et est revue périodiquement. Il est beaucoup plus facile d’établir des limites significatives lorsque les enfants sont jeunes et de les appliquer à toute la famille que de retrancher du temps d’écran lorsque les enfants sont plus âgés. Les études révèlent que le degré de fermeté à répondre « non » aux demandes de leurs enfants qui veulent jouer à des jeux à l’écran, de même que les convictions, intentions et attitudes des parents à l’égard des médias, jouent un rôle essentiel dans l’établissement de limites constructives et positives [4][52][59]. Pour les enfants tout autant que pour les parents, des périodes sans écran sont capitales pour acquérir des habiletés fondamentales comme l’autorégulation [60], la créativité et l’apprentissage par les jeux physiques et fondés sur l’imaginaire.

Les risques psychosociaux

De récentes études confirment une forte association entre le temps d’écran des parents et celui de leurs enfants [13], ce qui laisse craindre que l’envahissement des médias remplace les échanges de qualité (directs) entre les parents et l’enfant et dans l’ensemble de la famille [12]. D’après une étude récente sur l’utilisation des téléphones intelligents dans les établissements de restauration rapide, plus les parents consacrent de temps à leur téléphone, plus leur enfant risque de mal se comporter pour attirer leur attention, ce qui se solde souvent par des échanges négatifs [6][61]. Selon une autre étude, les parents qui permettent à leurs enfants de un à quatre ans d’utiliser souvent leur téléphone cellulaire affirment aussi l’offrir plus souvent en récompense ou comme source de distraction. Par conséquent, leurs enfants le demandent davantage et deviennent contrariés lorsqu’il leur est refusé [15].

Les parents signalent que leur propre utilisation des technologies mobiles monopolise davantage leur attention que d’autres distractions, comme lire ou regarder la télévision. Les téléphones intelligents estompent la frontière entre le travail et la vie familiale. Les parents ne peuvent pas prévoir quand ils seront sollicités et doivent souvent s’investir émotionnellement pour répondre. Dans une récente étude, les parents ont affirmé que le va-et-vient entre leur écran et la vie familiale représente une source de stress et de fatigue et les empêche d’échanger spontanément avec leurs enfants [62].

Des données récentes laissent croire à une association entre une forte exposition à la télévision à l’âge de deux ans et la victimisation autodéclarée, l’isolement social, l’agressivité proactive et les comportements antisociaux pendant la période intermédiaire de l’enfance [63][64]. L’écoute excessive de la télévision (plus de deux heures par jour) est clairement liée à des problèmes d’autorégulation dans la petite enfance [26][60]. Ces effets risquent d’être plus prononcés chez les enfants qui ont des besoins comportementaux particuliers et peuvent se perpétuer, car les pa rents sont plus susceptibles d’utiliser les médias sur écran pour calmer un enfant ayant des comportements difficiles [22][60]. D’après les recherches, une exposition excessive aux médias sur écran s’associe davantage que la situation socioéconomique à une faible stimulation à la maison et à un faible investissement des parents [6][12][65].

Une vaste étude réalisée aux États-Unis en 2013 a révélé que la propagation des appareils mobiles ne semblait pas influer sur la quantité ou la fréquence de la lecture aux jeunes enfants. Cependant, elle a également établi que la lecture était l’activité la moins pratiquée par les enfants qui utilisaient une tablette ou un appareil mobile [12]. Selon d’autres études, les parents qui faisaient la lecture à leurs enfants à partir d’un livre numérique trouvaient l’expérience moins positive que lorsqu’ils utilisaient un livre papier, tant pour le plaisir que pour l’apprentissage [66][67]. Même les livres numériques les plus interactifs ne contribuent pas à l’acquisition de compétences comme tourner les pages et ne procurent pas les mêmes expériences sensorielles que les livres traditionnels [37][68], qui peuvent être affectueusement traînés partout, manipulés et mâchouillés.

Les émissions éducatives de qualité représentent un facteur d’atténuation majeur du risque psychosocial associé à tous les écrans, mais les études indiquent que l’accès à un contenu optimal et la sélection d’un tel contenu par les enfants culminent très tôt, soit entre l’âge de deux et quatre ans [7][8][12]. En grandissant, les enfants sont plus susceptibles de regarder des émissions de divertissement.

Qu’est-ce qui a une influence positive? Être attentif à l’utilisation du temps d’écran

L’apprentissage des enfants de moins de cinq ans est optimisé par des échanges immersifs avec les membres de leur famille et les personnes qui s’occupent d’eux. Si on leur donne le choix, ils préféreront presque toujours parler, jouer ou se faire faire la lecture plutôt que d’utiliser un écran sous quelque forme que ce soit [22]. S’ils sont attentifs à l’utilisation du temps d’écran, les parents de jeunes enfants et les autres personnes qui s’occupent d’eux :

  • améliorent et limitent activement l’accès aux divers médias en les sélectionnant délibérément avec eux (« Nous allons regarder ce contenu, à ce moment-là et pour cette raison-là. »).
  • limitent l’utilisation des médias dans les lieux publics et pendant les activités quotidiennes de la famille, telles que les repas. Les moments en famille sont des occasions rêvées d’apprentissage social.
  • sélectionnent le contenu à partir de sources non commerciales de qualité, pour réduire le plus possible l’exposition aux publicités.
  • portent attention aux messages sur le genre, l’image corporelle, la violence, la diversité et les enjeux sociaux lorsqu’ils choisissent le contenu. [69]

LES EFFETS DES MÉDIAS SUR ÉCRAN SUR LA SANTÉ PHYSIQUE

Pour les enfants d’âge préscolaire, l’activité physique s’associe à de meilleures mesures de santé, tandis le comportement sédentaire est lié à des résultats moins favorables pour la santé [70].

Les bienfaits potentiels sur la santé physique

Les enfants n’ont pas à être passifs devant un écran. En effet, les médias numériques peuvent encourager l’activité physique et y contribuer [51]. Surtout après l’âge de trois ans, les enfants réagissent bien aux émissions axées sur l’activité lorsqu’elles sont amusantes, qu’elles sont conçues pour eux et qu’elles encouragent l’imitation ou la participation [39][71]. Une étude a établi que les jeux vidéo actifs peuvent accroître considérablement la quantité d’activité physique légère à modérée ou modérée à vigoureuse à court terme [72]. Les familles et les milieux de garde peuvent envisager d’utiliser des mouvements amusants et adaptés à l’âge (p. ex., le yoga ou la danse) et des applications pour l’exercice physique ou des consoles de jeu pour intégrer plus d’activité physique au quotidien [51][73][74]. Les appareils mobiles dotés d’applications pour explorer les milieux naturels peuvent favoriser les activi tés physiques extérieures [50]. Le contenu de qualité relie les expériences à l’écran à celles du quotidien, encourage les échanges entre les enfants, les personnes qui s’occupent d’eux et leurs camarades et appuie les jeux actifs et fondés sur l’imagi naire [51][75][76]. Selon une étude de 2010, le temps consacré à regarder des publicités télévisées a un lien significatif avec l’indice de masse corporelle, mais pas le temps consacré à regarder des émissions éducatives non commerciales [77].

Les risques sur la santé physique

Même si les données démontrant une association entre le temps d’écran et l’indice de masse corporelle chez les très jeunes enfants ne sont pas concluantes, plusieurs études indiquent que le risque de surcharge pondérale lié à une utilisation précoce des écrans peut persister plus tard dans la vie [2][6][12][78][79]. L’écoute de la télévision pendant la petite enfance peut se systématiser et accroître le risque de sédentarité ou de surcharge pondérale chez les jeunes téléspectateurs assidus [35]. Selon une étude canadienne de 2012, les enfants qui regardaient la télévision seulement une heure par jour étaient 50 % plus susceptibles de présenter une surcharge pondérale que ceux qui la regardaient moins [80]. Une autre étude de 2009, qui mesurait l’activité physique et la masse grasse chez des enfants d’âge préscolaire de la classe moyenne, a relié l’écoute de la télévision à une masse grasse plus élevée et a établi que cette relation se maintenait malgré des taux variables d’activité physique [81].

Tout en renforçant les comportements sédentaires, la télévision commerciale expose également les enfants à des publicités d’aliments malsains et encourage le grignotage, ce qui accroît la consommation alimentaire globale [82][83]. D’après une analyse systématique effectuée en 2012 traitant de l’écoute de la télévision et de ses effets néfastes sur le régime alimentaire des jeunes de deux à six ans, la plupart des études rendent compte d’effets négatifs dès l’écoute d’une heure de télévision par jour [84].

Le temps passé devant des écrans avant l’heure du coucher s’associe à une augmentation des troubles du sommeil dans ce groupe d’âge [6][85], et selon des données probantes, le nombre d’heures passées devant des écrans, plutôt que leur seul contenu, est nuisible aux habitudes de sommeil [45][53][86][87]. Tout appareil électronique présent dans la chambre à coucher réduit le temps de sommeil chaque nuit, en partie à cause de la suppression de la mélatonine [26][85].

Qu’est-ce qui a une influence positive? Donner l’exemple d’habitudes positives vis-à-vis des écrans

Les enfants de moins de cinq ans ont besoin de s’adonner à des jeux actifs et de passer du temps de qualité en famille pour développer des habiletés fondamentales, telles que le langage, l’autorégulation et la créativité. Quel que soit leur âge, les enfants ne devraient pas avoir à compétitionner avec des écrans pour obtenir l’attention de leurs parents. Lorsque les parents donnent l’exemple de saines habitudes vis-à-vis des écrans, ils :

  • limitent leur propre utilisation des écrans en présence de jeunes enfants, particulièrement aux repas, pendant les jeux et les autres belles occasions d’apprentissage social.
  • priorisent les échanges avec les enfants par la conversation, le jeu et les activités quotidiennes saines et actives.
  • choisissent quand utiliser les médias ensemble et éteignent les écrans lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
  • aident les enfants à reconnaître et à remettre en question les messages publicitaires, les stéréotypes et les autres contenus problématiques et s’assurent que les médias utilisés en présence des enfants sont dénués d’un tel contenu.

RECOMMANDATIONS

Dix questions à envisager de poser aux familles qui ont de jeunes enfants

  1. Quels types d’écrans y a-t-il chez vous (p. ex., télévision, tablette, ordinateur, téléphone intelligent)? Lesquels votre enfant utilise-t-il?
  2. Est-ce que vous écoutez régulièrement des émissions ou des films à la télévision ou sur d’autres appareils en famille, pour vous détendre? À; quelle fréquence un écran est-il allumé en arrière-plan sans que personne le regarde?
  3. Est-ce que des membres de la famille utilisent des écrans pendant les repas?
  4. Qu’est-ce que vous regardez avec votre enfant? Que regarde-t-il seul?
  5. Encouragez-vous ou découragez-vous la conversation avec votre enfant lorsque vous utilisez des écrans?
  6. Regardez-vous des émissions pour adulte ou des émissions commerciales avec votre enfant?
  7. Votre enfant utilise-t-il des écrans pendant que vous faites des tâches ménagères dans la maison? Souvent? Parfois?
  8. Y a-t-il des activités passées devant un écran dans le milieu de garde de votre enfant? Savez-vous à quelle fréquence elles ont lieu?
  9. Votre enfant passe-t-il du temps devant un écran avant le coucher? Combien de temps avant le coucher? A-t-il un téléviseur ou un ordinateur dans sa chambre? Apporte-t-il des appareils mobiles dans sa chambre?
  10. Votre famille s’est-elle dotée de règles ou de directives comprises et respectées relativement à l’utilisation des écrans?

Il est possible d’obtenir de l’information pour les parents dans le site www.soinsdenosenfants.cps.ca.

Pour promouvoir la santé et le développement des jeunes enfants dans un monde numérique, les dispensateurs de soins devraient donner des conseils aux parents et aux personnes qui s’occupent d’eux au sujet de l’utilisation appropriée des écrans. Plus précisément, les recommandations s’établissent comme suit :

Limiter le temps d’écran

  • Il n’est pas recommandé de laisser les enfants de moins de deux ans passer du temps devant des écrans.
  • Chez les enfants de deux à cinq ans, limiter le temps d’écran quotidien ou régulier à moins d’une heure par jour.
  • S’assurer que les périodes de sédentarité devant des écrans ne font pas partie des activités courantes du milieu de garde des enfants de moins de cinq ans.
  • Maintenir des périodes sans écran, particulièrement lors des repas familiaux et pour faire la lecture.
  • Éviter les écrans au moins une heure avant le coucher, en raison de leurs effets potentiels sur la suppression de la mélatonine.

Atténuer (réduire) les risques associés au temps d’écran

  • Être présent et investi lors de l’utilisation des écrans et, dans la mesure du possible, en regarder le contenu avec l’enfant.
  • Connaître le contenu et accorder la priorité aux émissions éducatives, interactives et adaptées à l’âge.
  • Utiliser des stratégies parentales qui enseignent l’autorégulation, les manières de garder son calme et l’établissement de limites.

En famille, être attentif à l’utilisation des écrans

  • Procéder à une autoévaluation des habitudes vis-à-vis des écrans et se doter d’un plan médiatique familial qui prévoit les moments, la manière et les lieux où ceux-ci peuvent être utilisés ou non.
  • Aider les enfants à reconnaître et à remettre en question les messages publicitaires, les stéréotypes et d’autres contenus problématiques.
  • Se rappeler que trop de temps consacré aux écrans se traduit par des occasions ratées d’enseignement et d’apprentissage.
  • Se rappeler qu’aucune donnée n’appuie l’introduction des technologies à un jeune âge.

Les adultes devraient donner l’exemple d’une saine utilisation des écrans

  • Remplacer le temps d’écran par des activités saines, comme la lecture, les jeux à l’extérieur et les activités pratiques et créatives.
  • Éteindre les appareils à la maison pendant les périodes passées en famille.
  • Éteindre les écrans qui ne sont pas utilisés et éviter de laisser le téléviseur allumé en arrière-plan.

Remerciements

La rédaction de ce document de principes a été rendue possible grâce à une subvention sans restrictions de TELUS. Le comité de la pédiatrie communautaire, le groupe de travail de la petite enfance et le comité de la santé mentale et des troubles du développement de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes. Des représentants du Collège des médecins de famille du Canada l’ont également révisé. Nous remercions particulièrement la professeure Marie L Courage, de l’université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, la docteure Claire MA Leblanc, du Centre universitaire de santé McGill, et le docteur Mark Tremblay, de l’Institut de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité (HALO), pour leurs commentaires. Enfin, nous remercions Jennie Strickland d’avoir rédigé le document de principes, et Jessie McGowan d’avoir procédé à l’analyse bibliographique.


GROUPE DE TRAVAIL DE LA SCP SUR LA SANTÉ NUMÉRIQUE

Présidente : Michelle Ponti MD

Membres : Stacey Bélanger MD (comité de la santé mentale et des troubles du développement de la SCP); Ruth Grimes MD (représentante du conseil de la SCP); Janice Heard MD (comité consultatif de l’éducation publique de la SCP); Matthew Johnson (directeur de l’éducation, HabiloMédias); Elizabeth Moreau (directrice des communications et de l’application des connaissances de la SCP); Mark Norris MD (comité de la santé de l’adolescent de la SCP); Alyson Shaw MD (présidente, groupe consultatif de la promotion de l’alphabétisation de la SCP); Richard Stanwick MD (comité consultatif de l’éducation publique de la SCP); Jackie Van Lankveld (gestionnaire, services d’orthophonie, Niagara Children’s Centre); Robin Williams MD (présidente, groupe de travail de la SCP sur la petite enfance)


Références

  1. McGowan J. A Summary of Literature: Benefits and Harms Associated with Screen Use in Children under 5; préparé pour le groupe de travail de la Société canadienne de pédiatrie sur la santé numérique, avril 2016.
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Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Mise à jour : le 6 janvier 2018

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