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février 2017

Un décret si discret…

["Association Enfance - Télé : Danger ?"]

Un décret si discret… visant à assouplir les conditions de classification des oeuvres cinématographiques interdites aux moins de 18 ans.
Depuis un mois, le COFRADE, en collaboration avec l’association Enfance : Télé – Danger ?, tente de réagir face à la publication d’un décret annoncé par la presse. Ce décret a été soumis au Conseil d’État par Audrey Azoulay, Ministre de la Culture, et publié jeudi 9 février au Journal officiel.
En effet, s’il n’y a plus d’automatisation de l’interdiction aux mineurs lors de scènes de sexe non simulées ou de très grande violence, elle s’appliquera désormais « lorsque l’œuvre […] comporte des scènes de sexe ou de grande violence qui sont de nature, en particulier par leur accumulation, à troubler gravement la sensibilité des mineurs, à présenter la violence sous un jour favorable ou à la banaliser ».
Cependant, la marge d’interprétation des décideurs sera encore plus importante, il faudra donc être vigilant pour que les membres de la Commission de classification des œuvres cinématographiques prennent bien en compte l’intérêt des enfants dans leur jugement, et nous nous engageons à les sensibiliser à ce propos.
Pourquoi assouplir les règles ? 
MOTIF ECONOMIQUE ! JUGEZ PLUTOT…
« Nombre de distributeurs et d’exploitants renoncent purement et simplement à projeter » un film interdit aux moins de 18 ans, indiquait Jean-François Mary, président de la Commission de classification, dans un rapport remis en février 2016 à Audrey Azoulay.
En outre, « le choix de la classification à seize ans ou à dix-huit ans étend ses effets sur la diffusion des films à la télévision et sur la sortie des films en DVD et sur les autres supports numériques ou analogiques », expliquait Jean-François Mary.  Réf : DOSSIER FAMILIAL 10-02-17 
L’auteur du rapport, Jean-François Mary, qui était le président de la commission, vient d’être nommé membre du CSA. Réf : France soir – 21 -01-17 
 
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Parents, vous pouvez accompagner l’usage des écrans de vos enfants

https://i1.wp.com/www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2016/03/familles-femmes-gouv-fr-new.png

La méthode des 4 pas est référencée dans le livret des parents distribué à chaque parent, à partir du cinquième mois de grossesse par le ministère des familles, de l’enfance et des droits des femmes.

http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/

Les ados américains passent 6h40 par jour devant un écran

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Par Hugues Lefèvre • Publié le 05/11/2015 à 18:16

Aux USA, les garçons jouent en moyenne une heure par jour aux jeux vidéos ©Wonderlane via FlickR

 

Une étude de l’organisation Common Sense Media montre l’extrême dépendance des adolescents Américains aux écrans. Un quart d’entre eux passeraient même plus de huit heures par jour dessus.

Une vaste enquête, réalisée par l’organisation Common Sense Media dévoile les pratiques des jeunes américains en matière de loisirs numériques. Les résultats sont impressionnants. Aux États-Unis, les adolescents âgés de 13 à 18 ans passent en moyenne 6H40 par jour devant un écran. Du côté des 8-12 ans, ils n’y consacreraient «que» 4H36 par jour. L’étude prend en compte toutes les sortes de supports numériques, c’est à dire, les ordinateurs, les smartphones, les tablettes, télévisions ou autres. Ces statistiques se limitent aux heures où les jeunes ne sont pas à l’école.

Menée auprès de 2 600 adolescents américains, l’enquête révèle aussi les grandes disparités qu’il peut y avoir parmi les «digital natives» . Ainsi, l’âge, le sexe, les critères sociaux et ethniques ont une influence dans la manière de «consommer de l’écran». Les garçons raffolent des jeux vidéos et passent près d’une heure par jour sur une console. Les filles, quant à elles, n’y consacrent que 7 minutes. En ce qui concerne le temps passé sur les réseaux sociaux, filles et garçons se retrouvent. Sur les 58% des jeunes qui les utilisent quotidiennement, le temps moyen passé dessus est de 2H04.

Par ailleurs, les adolescents vivant dans des familles en difficulté financière passent 2h45 de temps de plus sur les écrans que les enfants vivant dans des familles favorisées. Les statistiques ethniques, autorisées aux USA, révèlent que les enfants de couleur noir consacrent légèrement plus de temps aux écrans que les enfants d’origine hispanique ou de couleur blanche.

Représentation graphique du temps passé sur les écrans des adolescents américains de 13 à 18 ans. ©Capture étude CSM

Les auteurs de l’enquête précisent qu’un enfant peut passer du temps devant un écran tout en faisant autre chose, du rangement, du sport, ou des devoirs de classe. Ainsi, pour la grande majorité des jeunes américains, il est fréquent de regarder la télévision ou d’être sur les réseaux sociaux pendant qu’ils font leurs devoirs le soir. Les deux tiers d’entre eux affirment même que le fait de «textoter» ou de regarder la télévision n’altère en rien la qualité de leur travail.

Certains parents ignorent totalement ce que font leurs enfants sur internet

L’étude s’est également penchée sur les relations qu’entretiennent les adolescents américains avec leurs parents. Selon les résultats, plus de la moitié des parents ont déjà parlé avec leurs enfants du temps qu’ils consacraient aux écrans, et 66% des parents leurs ont posé des questions sur le contenu de ce qu’ils visionnaient. Mais pour un quart des jeunes, leurs parents ne sauraient quasiment rien de ce qu’ils font sur internet.

En ce qui concerne la lecture des livres ou des journaux, les chiffres montrent que les jeunes délaissent ces pratiques. Seuls 17% des 13-18 ans affirment encore lire des livres imprimés et seulement 3% un journal. Parmi ceux qui aiment encore tenir un livre entre les mains, le temps moyen de lecture quotidienne est de 1h07.

Quand le smartphone sème la zizanie à la maison

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6 février 2017; par Céline Mordant

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Adolescents : et s’il était temps de les lâcher ?

The Conversation

8 février 2017

Par Emmanuelle Piquet, Psychopraticienne, intervenante à l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation à l’Université de Bourgogne, Université de Bourgogne

Jusqu’où les parents devraient-ils s’investir dans la scolarité, les activités et l’épanouissement de leurs enfants ? De nombreux psychologues et sociologues dénoncent ces derniers temps le trop plein d’attention déployé par les « parents hélicoptères », ainsi désignés car ils restent en position stationnaire au-dessus de leur progéniture, à l’affût du moindre de leurs besoins. La question se pose avec d’autant plus d’acuité à l’adolescence, période de l’apprentissage supposé de l’autonomie.

Notre équipe de thérapeutes s’est fait connaître par son approche originale du harcèlement scolaire, visant à donner à l’enfant harcelé les moyens de se défendre lui-même. Depuis 2016, cette façon inédite d’aborder les situations de souffrance scolaire fait l’objet d’un enseignement à l’université de Bourgogne. Nous nous appuyons sur les travaux du Mental research institute (MRI), à Palo Alto (Etats-Unis), héritier de « l’école de Palo Alto », un courant fondé dans les années 1950 par le psychologue américain Gregory Bateson.

Nous avons ouvert dans plusieurs villes en France des consultations pour dénouer les problèmes fréquents de relations avec l’école. Et reçu de nombreux parents d’adolescents venus chercher de l’aide, non pas pour une phobie scolaire, mais plutôt l’inverse, ce que nous pourrions qualifier d’apathie scolaire.

La dernière ligne droite avant l’émancipation

Nous entendons souvent des pères et des mères confier leurs inquiétudes quant à la léthargie académique de leur rejeton, son inconscience face à son avenir professionnel et les conséquences dramatiques auxquelles ces défauts préoccupants ne manqueront pas de l’exposer dans un futur proche.

D’une façon stratégique, pour ne pas les heurter dans leur volonté de faire pour le mieux, nous tentons de les amener à faire assumer les conséquences de cette inaction scolaire à leur adolescent lui-même, pour mettre en place un contexte qui le responsabilise. Avec cette idée qu’en faisant ou voulant à sa place, ils lui interdisent de prendre l’élan essentiel lors de cette dernière ligne droite que représente l’adolescence, avant la falaise qui se présentera devant lui – l’émancipation.

C’est ce que j’ai tenté de faire avec la maman de Léopold, 15 ans, en lui proposant de ne plus jamais insister lorsque ce dernier montrerait des signes de déconcentration pendant les devoirs, le soir. Et même d’inviter Léopold à aller plutôt jouer aux jeux vidéos au premier de ces signes, pour observer ce que cela générerait comme comportement chez son fils. Et ce pendant une semaine afin, ai-je prétendu, d’affiner mon diagnostic quant à un éventuel TDAH, le nom que les psychologues donnent à l’hyperactivité et ses troubles de la concentration. Un prétexte, en réalité, pour faire vivre à cette maman préoccupée l’expérience émotionnelle de la responsabilisation et de ses bienfaits.

« Il regardait en l’air en bâillant »

Cette maman revient en consultation une semaine plus tard.

– « J’ai réussi, me dit-elle, et pourtant… Le premier jour, Léopold est parti jouer lorsque je lui ai dit que son cerveau était en train de fumer et qu’il valait mieux qu’on arrête, vu qu’il regardait en l’air en bâillant au lieu de lire les consignes de son DM [devoir à la maison]. Le deuxième jour, idem. J’aime autant vous dire que je trouvais l’exercice difficile. Deux jours sans aucun travail scolaire…

– J’imagine, Madame.

– Et puis le troisième jour, il s’est déconcentré pareil, mais seulement au bout de dix minutes, ce qui est une sorte de record mondial le concernant, il a eu le temps de faire un exercice d’anglais. Puis il est allé jouer quand je lui ai proposé, vu son agitation. Et le quatrième jour, grandiose : il est resté environ dix minutes à son bureau avant que je lui dise d’aller jouer parce qu’il s’agitait ; il est parti ; et revenu au bout de cinq minutes en disant : “Allez, si on s’y met sérieusement, on n’en a pas pour longtemps.” Je me suis retenue pour ne pas rire, c’est exactement ce que je lui disais à chaque fois, avant qu’on mette l’observation en place avec vous. Il a tenu une demi-heure, jusqu’au dernier exercice qui consistait à légender une carte ; là, il en avait trop marre, il a commencé à gratter le livre avec son cutter. J’ai dit : “Stop, tu es vraiment trop fatigué, Léop, regarde, ton corps le dit, va jouer.”

– Vous avez vraiment été remarquable, Madame.

– Oui, je sais, se rengorge-t-elle, attendez, vous allez voir le bouquet final. Le soir même, à 22 heures, il arrive en pyjama et dit : “Maman, s’il te plaît, aide-moi pour la carte, j’y arrive pas, je comprends pas ce que ça veut dire légender, c’est sans doute à cause de mon TDAH…”. Et là je dis “Chéri, je suis très fatiguée et franchement, ce n’est plus l’heure des devoirs, je trouve que tu as bien travaillé aujourd’hui ; tant pis, tu auras un zéro en géographie, ce n’est pas la fin du monde.” Et là, il s’est littéralement déchaîné, j’avais rarement vu ça. Il m’a dit que j’étais la pire mère du monde, qu’il le raconterait à tout le monde, qu’il allait contacter un avocat, Enfance et Partage et pour ça aller voir l’assistante sociale du collège le lendemain à la première heure.

– Waouh, la puissance de cet enfant ! Je suis impressionnée !

– Mais j’ai tenu. Franchement, c’était vraiment difficile. Et… une heure plus tard, il est venu me voir, sa carte à la main. Il m’a demandé d’un air revêche si je voulais bien regarder. Là, c’était trop dur de dire non, alors j’ai regardé en râlant un peu. C’était franchement pas trop mal. Je lui ai dit, il avait l’air fier de lui. J’étais perturbée, parce que je me suis dit : “je ne le pensais pas capable de faire ça.” C’est dur quand même, penser ça de son fils, à tort !

– Alors, votre diagnostic sur son TDAH ?

– J’ai comme l’impression que son TDAH est assez réactionnel. C’est à dire que la responsabilisation l’atténue, non ? Mais pour en être sûres à 100 %, il faudrait que nous continuions sur cette voie-là. »

« Tu n’es pas capable », lui dit-on en substance

La prise en charge de l’adolescent par ses parents (ce qui consiste à faire à sa place ce qu’il devrait être capable d’assumer, par exemple sa scolarité), lui envoie deux messages implicites : le premier, c’est qu’on l’aime, c’est pour cela qu’on est inquiet pour lui ; le deuxième, c’est qu’on l’estime tellement incapable – scolairement, en l’espèce – qu’il nous semble essentiel de faire les choses à sa place. En dépit de la qualité du premier message, le deuxième message qui est très confortable pour l’adolescent à court terme (il est donc générateur de cette fameuse paresse que paradoxalement on lui reproche) est en fait assez destructeur de sa confiance en lui. « Tu n’es pas capable » lui dit-on en substance.

Notre approche, fondée sur la thérapie dite « brève et stratégique » née de l’école de Palo Alto, nous amènent, nous thérapeutes, à nous poser la question suivante : est ce que ce ne seraient pas précisément toutes ces modalités de prise en charge qui génèrent la léthargie chez cet adolescent ?

Ainsi, au lieu de percevoir le problème de façon linéaire – c’est parce que Léopold ne fait rien qu’on est obligé de le prendre en charge – nous le regardons alors de façon circulaire. Il ne travaille pas. Donc ses parents le prennent en charge. Il se démobilise encore plus puisque il est pris en charge (et qu’en quelque sorte on se mobilise à sa place). Cette démobilisation accrue inquiète les parents qui donc le prennent encore plus en charge. Il se démobilise un peu plus. Et les parents intensifient encore la prise en charge à la culotte et ainsi de suite.

La démobilisation qui désole les parents et leur semble incompréhensible – en dehors d’une mauvaise volonté ou d’un problème psychique de la part de leur fils – devient, dans cette perspective circulaire, une réponse logique à une prise en charge excessive.

La promesse de récompense, ou de sanction

Ce changement de perspective est l’apport de Gregory Bateson, le fondateur de l’école de Palo Alto, que son collègue Paul Watzlavick désigne comme « mutation méthodologique fondamentale » dans son livre Les cheveux du Baron de Münchhausen (Seuil).

Cette prise en charge excessive peut revêtir plusieurs formes, le parent d’adolescent inquiet étant très créatif pour la mettre en œuvre. Il y a la stimulation affectueuse et souriante : « Allez, chéri, c’est l’heure de se mettre aux devoirs, la la la la lère ! » Il y a aussi la promesse de récompense, ou de sanction, tenues ou pas.

– « On avait dit 11 de moyenne pour le smartphone…

– Papa, c’est abuser, j’ai 10,78 !

– Bon, d’accord ».

Il y a aussi les noms d’oiseaux, les cours particuliers imposés, les discours fleuves sur la crise économique et tout autre subterfuge qui consistera à prendre à son propre compte de parent, la motivation scolaire qui devrait pourtant être celle de l’adolescent.

Un résultat précisément inverse de celui qui était souhaité

Toutes ces manoeuvres constituent ce que les psychologues de l’école de Palo Alto appellent les « tentatives de régulation ». Elles sont mises en place pour résoudre un problème ou apaiser une souffrance et elles provoquent très précisément l’inverse de ce qui était souhaité. Ce mode d’interaction infructueux est précisément décrit dans l’article Thérapie courte, résolution d’un problème circonscrit, signé de quatre chercheurs de cette école et repris dans la somme collective des travaux menés de 1965 à 1974, Sur l’interaction (Seuil).

C’est sur ce concept fondateur que nous nous appuyons pour proposer à des patients chaque fois particuliers (enfants, adolescents mais aussi adultes), pour des problèmes tous différents (la phobie scolaire, le harcèlement au travail) un nouveau comportement, à 180° de ceux qui maintiennent le problème pour lequel ils sont venus chercher de l’aide. Avec cette idée, que cessant d’être alimenté par ces tentatives de régulation, le problème diminuera et la souffrance s’apaisera. Ce fut le cas avec la maman de Léopold, pour laquelle le virage à 180° a consisté à passer de la prise en charge à la responsabilisation d’un garçon par ailleurs… tout à fait représentatif de sa génération.


Emmanuelle Piquet

Addiction, concentration, performances… ce que l’on sait (ou pas) des effets du smartphone

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09/01/2017 Céline Mordant

La recherche est encore balbutiante sur les effets de l’hyperconnexion aux smartphones, un phénomène récent à l’échelle de l’histoire de l’humanité.

Il y a dix ans, le 9 janvier 2007, le patron d’Apple, Steve Jobs, présentait le premier iPhone. Depuis, le « téléphone intelligent » s’est imposé dans notre quotidien, dans nos poches, nos mains. On l’éteint rarement, on ne le quitte plus… Aurait-il refaçonné notre façon de penser ? Que disent les neurosciences des effets de cette hyperconnexion sur notre cerveau ?

Dans le flot des études et publications parfois contradictoires qui dressent soit une inquiétante liste des dégâts, soit une ode très optimiste aux facultés d’adaptation de l’être humain, difficile de s’y retrouver. La recherche est encore balbutiante sur les effets d’un phénomène encore récent à l’échelle de l’histoire de l’humanité.

  • Peut-on devenir dépendant à son smartphone ?

La plupart d’entre nous ont le sentiment de maîtriser entièrement son rapport à son smartphone. Dans un sondage BVA Orange-Psychologies (1 000 personnes interrogées en ligne en juin 2016), 58 % des personnes questionnées déclaraient avoir en permanence leur smartphone avec elles et 36 % d’avoir le sentiment d’en « être dépendant ». On le consulte jusqu’à plus de 200 fois par jour et le plus souvent dès le réveil ; il est devenu pour beaucoup une extension de nous-même, un couteau suisse sans lequel on est perdu.

« Le smartphone agit comme un doudou virtuel, estime Laurent Karila, addictologue, porte-parole de l’association SOS Addiction. A tel point que quand on en est coupé, on peut éprouver de l’angoisse, un sentiment d’abandon. » « Une sensation de manque comparable à celle éprouvée par les drogués », juge le médecin. La nomophobie, ou peur de se séparer de son téléphone portable, est devenue pour certains une affection bien réelle ; de véritables centres de désintoxication ont même ouvert en Chine ou au Japon.

Pour la communauté scientifique internationale, l’addiction au smartphone n’est pourtant pas reconnue comme telle. A ce jour, seule la dépendance aux jeux d’argent est inscrite dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, manuel de référence de la psychiatrie mondiale. Les psychiatres préfèrent parler de pratiques excessives.

Le sociologue Francis Jauréguiberry, qui enquête depuis des années sur notre rapport au portable, explique ces pratiques irrépressibles par la peur de rater quelque chose, ou « Fear of missing out » (FOMO) : « Ce à quoi il est difficile de renoncer est exactement la même chose que ce qui pousse à interroger de façon frénétique sa messagerie ou ses réseaux sociaux. Il y a comme une attente diffuse mais constante de se laisser surprendre par de l’inédit et de l’imprévu, par un appel ou un SMS qui va changer le cours de sa journée ou de sa soirée en la densifiant ou en la diversifiant, et en rendant, finalement, sa vie plus intéressante et plus intense. »

  • Le téléphone portable rend-il plus performant ?

Comment avons-nous pu laisser notre smartphone s’immiscer à ce point dans notre intimité ? Parce qu’il rend un nombre incommensurable de services, tous plus utiles les uns que les autres. Toujours selon le sondage BVA-Psychologies, plus de neuf répondants sur dix affirment que le numérique permet un accès plus facile à l’information, les deux tiers déclarent ne plus avoir le temps de s’ennuyer avec le numérique, 60 % justifient que le numérique leur permet de faire plusieurs choses en même temps.

Gérer des problèmes personnels au bureau et répondre à une question urgente tout en surveillant ses enfants au square… tout devient plus facile. Au point que cette liberté est parfois devenue un poids pour certains cadres sollicités en permanence en dehors des heures de travail, le week-end, en vacances. Mais pour beaucoup, l’impression de performance accrue vaut toutes les servitudes volontaires.

Lire aussi :   Droit à la déconnexion : y a-t-il une vie après le travail ?

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